La faluche
Un béret de velours noir. Ce n'est ni un chapeau de fête ni un déguisement, mais la coiffe traditionnelle des étudiants français. Tout ce qu'il y a dessus veut dire quelque chose.
En juin 1888, l'université de Bologne fête ses huit cents ans. Des délégations étudiantes de toute l'Europe s'y retrouvent, chacune coiffée d'un couvre-chef qui la distingue ; les Français, eux, n'ont rien. Ils rentrent avec l'idée d'une coiffe à eux. Le béret est créé à l'initiative de l'Association générale des étudiants de Paris et officialisé par elle le 20 décembre 1888, au théâtre Beaumarchais.
Deux ans plus tard, le sixième centenaire de l'université de Montpellier le fait connaître partout en France. Le béret traversera ensuite deux guerres, la dissolution des associations étudiantes et le grand reflux des traditions après 1968. Il aurait pu s'arrêter là. Aujourd'hui encore, les faluchards se retrouvent chaque été en congrès, dans une ville différente.
La faluche se porte à toutes les sorties étudiantes, et on ne l'enlève devant personne, sauf devant un recteur.
Six façons de la coudre
Toutes les faluches ne se ressemblent pas. Les différences ne tiennent pas aux coutures mais à la confection, et chacune raconte l'histoire de sa ville.
- Lilloise
- Dite « nationale », la plus répandue : circulaire rigide, gainé de cuir.
- Tourangelle
- Son exact opposé, avec un circulaire souple. C'est celle de l'Ordre du Vénéré Bitard.
- Montpelliéraine
- Velours plus large, fendu de quatre crevés de satin réunis par un bouton. La légende y voit la toque de Rabelais déchirée en quatre ; d'autres, la croix occitane.
- Alsacienne
- Six passants retiennent le circulaire. Les six côtés d'un bock, les six cépages d'Alsace ou les barreaux d'une prison sous l'occupation : chacun choisit son interprétation.
- Perpignanaise
- La même idée, avec cinq passants.
- Marseillaise
- Un velours nettement plus large que celui de la nationale.